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Quitter le Québec : les documents à faire apostiller avant de partir

Il y a une asymétrie que peu de gens voient avant de partir : obtenir un document québécois depuis Montréal prend quelques jours, l'obtenir depuis Casablanca, Lisbonne ou Séoul prend des semaines. Même document, même registraire, même frais. Seule la distance change, et elle change tout.

Si vous partez étudier, travailler, vous marier ou vous établir à l'étranger, voici ce qu'il vaut la peine de régler pendant que vous êtes encore ici.

Ce qui vaut la peine d'être apostillé avant le départ

Le certificat de naissance. Presque tous les dossiers à l'étranger le demandent : mariage, résidence, inscription universitaire, emploi réglementé. C'est le document le plus universellement exigé, et celui qu'on regrette le plus de ne pas avoir apostillé.

La vérification de casier judiciaire de la GRC. Exigée pour la quasi-totalité des visas de travail et de résidence. Attention : elle relève d'Affaires mondiales Canada, pas du Québec, donc c'est une file d'attente différente de vos documents d'état civil. Prévoyez qu'elle voyage séparément.

Le certificat de mariage, si vous êtes marié. Nécessaire pour faire reconnaître votre conjoint, obtenir un visa de conjoint, inscrire des enfants, ouvrir certains comptes. On y pense rarement avant d'en avoir besoin d'urgence.

Le diplôme et le relevé de notes. Pour une inscription universitaire, une équivalence professionnelle ou un permis de travail qualifié. Une pièce à obtenir auprès de l'établissement, ce qui ajoute un délai avant même l'apostille.

La procuration, si quelqu'un doit gérer vos affaires ici. Vendre un immeuble, gérer un compte, signer devant notaire en votre nom. Celle-ci a un piège particulier au Québec, détaillé plus bas.

Le certificat de décès, si vous devez régler une succession à l'étranger.

Les trois pièges propres au Québec

Le Québec a sa propre chaîne, et elle diffère du reste du Canada sur trois points qui causent la majorité des refus.

1. La copie d'acte, pas le certificat

C'est le piège numéro un. Le Directeur de l'état civil délivre deux formats : le certificat (petit format) et la copie d'acte (format long, reproduction intégrale de l'acte). Pour une apostille destinée à l'étranger, c'est presque toujours la copie d'acte qu'il faut.

Commander le mauvais format, c'est recommencer. Depuis l'étranger, cette erreur coûte des semaines. Vérifiez avant de commander, pas après.

2. Le notaire ne suffit pas

Un document signé devant un notaire québécois exige un certificat d'authenticité de la Chambre des notaires du Québec avant que le ministère de la Justice ne l'apostille. Un document signé devant un avocat exige l'équivalent du Barreau du Québec.

Ce sont deux étapes, deux organismes, deux files d'attente. C'est notre guide sur les documents notariés au Québec qui détaille la marche à suivre.

Et un point qui surprend beaucoup de monde : un commissaire à l'assermentation ne peut pas préparer un document destiné à une apostille. Ce n'est pas une question de qualité, c'est une question de spécimen de signature détenu par l'autorité.

3. Votre autorité dépend du document, pas de votre adresse

Le ministère de la Justice du Québec apostille les documents émis ou notariés au Québec. Si votre diplôme vient de l'Université de Toronto, c'est l'Ontario, même si vous habitez Longueuil depuis vingt ans. Si votre casier judiciaire vient de la GRC, c'est fédéral.

Un dossier de départ typique implique donc souvent deux ou trois autorités en parallèle, qui ne se parlent pas et ne reviennent pas en même temps.

L'ordre qui fonctionne

  1. Confirmer par écrit ce que la destination exige réellement
  2. Commander les copies d'acte auprès du Directeur de l'état civil
  3. Demander diplôme et relevé de notes à l'établissement
  4. Faire la demande de casier judiciaire à la GRC
  5. Passer par la Chambre des notaires ou le Barreau si un document est notarié
  6. Apostiller auprès de chaque autorité compétente
  7. Légaliser à l'ambassade si la destination n'est pas membre de la Convention
  8. Traduire, généralement à destination

L'étape 1 est celle qu'on saute et c'est toujours une erreur. Un dossier monté sur une supposition est un dossier à refaire.

Et si vous êtes déjà parti?

Rien n'est perdu, c'est simplement moins direct. Vous n'avez pas besoin de revenir, ni de faire expédier vos originaux à l'étranger.

Dans la plupart des cas, la meilleure approche consiste à commander une nouvelle copie certifiée auprès du registraire québécois et à la faire livrer directement à un représentant au Canada, qui la soumet et vous retourne l'original apostillé. C'est exactement le fonctionnement de notre service d'apostille depuis l'étranger.

Ce qui change quand on est déjà parti, ce n'est pas la faisabilité, c'est le délai et le coût du retour postal. D'où l'intérêt de régler ce qui peut l'être avant de partir.

Deux erreurs qui ne pardonnent pas

Ne plastifiez jamais un document. Un document plastifié est refusé d'emblée par la plupart des autorités, et le geste est irréversible.

Ne traduisez pas avant d'apostiller. L'apostille s'appose sur l'original. La traduction vient après, et souvent à destination. Le détail complet se trouve dans notre article sur la traduction et l'apostille.

Par où commencer

Si votre départ est prévu dans les prochains mois, la première chose à faire ne coûte rien : établir la liste exacte de vos documents et l'autorité dont chacun relève.

Notre pré-vérification gratuite fait ce travail, et la page Québec détaille les exigences et les frais du ministère de la Justice.

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